Oscillateurs bornés et indicateurs techniques (stochastique, RSI et CCI)

Dans ce nouveau chapitre, nous détaillerons de nouveaux indicateurs techniques : les oscillateurs bornés. Ils permettent principalement de représenter l’opposition entre les forces acheteuses et vendeuses sur le marché boursier. Pour bien comprendre ce qui sera détaillé, nous vous conseillons de vous reporter aux cours précédents sur les indicateurs moyennes mobiles et bandes de Bollinger.

Texte de la vidéo retranscrit ci-après. Ne pas lire le texte indépendamment de la vidéo pour une bonne compréhension. Le texte étant une retranscription, vous passeriez à côté de l’essentiel.

1. Les oscillateurs bornés

1.a. Définition d’un oscillateur borné : principe et comportement

Rappel : Les mouvements font des vagues. Un mouvement démarre, puis ralentit via des prises de bénéfices successives qui créent des corrections. Dans une tendance haussière, un mouvement haussier fort précède un mouvement baissier faible. Dans un range, les mouvements sont équitables.

Un indicateur borné est une courbe qui oscille entre deux niveaux extrêmes appelés zone de surachat et zone de survente. C’est une représentation horizontalisé de la courbe du prix. Lorsque l’indicateur franchit l’une des deux zones extrêmes, cela représente généralement un signal d’achat ou de vente.

Le graphique ci-dessous contient un oscillateur borné que nous détaillerons par la suite : le RSI. C’est un oscillateur borné puisqu’il oscille constamment entre les valeurs 0 et 100.

Graphique avec un oscillateur borné : le RSI de période 7

Dans un marché sans tendance, en range, la distribution du prix est équitable, l’oscillateur suit donc un cycle parfait sinusoïdal qui oscille entre les deux zones. Ce qui est le cas entre le mois de mars et le mois de mai 2015 sur le graphique ci-dessus.

Dans un marché en tendance, l’oscillateur est en « rupture de cycle ». Cela signifie qu’il va souvent rester bloqué dans la zone de surachat ou de survente. Cela va dépendre néanmoins de la période de calcul choisie. Dans notre cas, nous remarquons que notre oscillateur est bloqué dans la zone de surachat tout le mois de novembre 2014 (zone verte). En effet, nous observons que le pris se trouve dans une puissante tendance haussière.

De ce fait, dans les marchés en range, on obtiendra des signaux extrêmement pertinents sur les zones extrêmes. Lorsque le marché décallera en tendance les signaux seront par contre difficilement exploitables.

De la période de calcul d’un oscillateur va aussi dépendre son comportement. Plus elle est courte et plus elle va mettre en évidence les cycles et l’indicateur sera un bon indicateur pour le timing. Plus elle est longue et plus elle va mettre en évidence les mouvements de fonds et l’indicateur sera parfait pour la détection de tendances.

L’illustration ci-dessous représente le même graphique que précedemment et avec le même indicateur technique, nous avons uniquement changer la période de l’oscillateur. Nous remarquons qu’il se retrouve dans les zones extrêmes beaucoup plus souvent. Nous pouvons en conclure que le choix de la période de calcul est un élément primordial dans l’utilisation de tels oscillateurs bornés.

Graphique avec un oscillateur borné : le RSI de période 2

1.b. Le stochastique

Définition et paramétrage

L’indicateur stochastique est l’un des oscillateurs bornés les plus utilisés dans le monde de la bourse. Il a été développé par l’analyste technique américain et trader sur futures George Lane et permet de représenter la position actuel du prix par rapport à ses derniers plus hauts et plus bas. Son principal intérêt réside dans le fait qu’il puisse aider à déterminer les retournements de tendance.

Le stochastique est un oscillateur borné entre les valeurs extrêmes 0 et 100. La zone de survente se trouve entre 0 et 20 alors que celle de surachat se trouve entre 70 et 100. A titre d’illustration, le graphique ci-dessous contient un stochastique.

Graphique avec l’indicateur technique stochastique

Cet indicateur technique est composé de deux lignes :

  • La ligne %K, ou stochastique rapide,  est calculé de la manière suivante :

%K = 100 x (PrixClotûre – PlusBas) / (PlusHaut – PlusBas).

Le PlusBas et le PlusHaut sont ceux obtenus lors des N dernières bougies.

  • La ligne %D, ou stochastique lent, n’est rien d’autre que la moyenne mobile de la ligne %K sur une période de N. Nous avions utilisé la même chose pour définir l’indicateur MACD.

La ligne %K est très réactif et peut passer très rapidement d’une zone extrême du stochastique à l’autre. C’est pourquoi il est nécessaire de la filtrer en utilisant une moyenne mobile (la ligne %D).

Le stochastique se configure à travers trois paramètres :

  • Le premier paramètre est la période nécessaire au calcul du stochastique, elle vaut 14 en général.
  • Le second paramètre représente un lissage de la ligne %K, avec en général une période de 3.
  • Le troisième paramètre représente la période de la moyenne mobile de %K, généralement 5.

En faisant varier ces paramètres, on peut modifier la représentation du stochastique.

Utilisation

Passage en zone de surachat ou de survente

Le stochastique peut s’utiliser de différentes façons, il permet principalement de détecter les essouflements de tendance. Néanmoins, étant très volatil, il génère de nombreux faux signaux dans les petites unités de temps. Il est donc déconseillé de l’utiliser en intraday.

Nous allons d’abord étudier la première façon d’utiliser le stochastique : le passage entre les différentes zones. Lorsque le stochastique est au-dessus de 80, il se trouve en zone de surachat, cela indique que le marché est beaucoup trop haut comparé à son historique sur les N dernières bougies. Le marché est donc dans une tendance haussière. Cependant, lorqu’il quitte cette zone, cela s’interpréte comme un essouflement de cette tendance et il faut donc se préparer à vendre le marché.

Le graphique ci-dessous indique une situation où la réintégration dans la zone de neutralité depuis la zone de surachat a permis de constater l’essouflement de la tendance haussière. La première flèche jaune indique que le stochastique entre en zone de surachat. La seconde flèche jaune indique que le stochastique revient en zone de neutralité. En effet, suite à cela, on remarque que le prix n’arrive plus à faire de nouveau plus haut.

Le stochastique nous indique l’essouflement de la tendance haussière

Lorsque le stochastique est en dessous de 20, il se trouve en zone de survente, cela indique que le marché est beaucoup trop bas comparé à son historique sur les N dernières bougies. Le marché est donc dans une tendance baissière. Cependant, lorqu’il quitte cette zone, cela s’interpréte comme un essouflement de cette tendance et il faut donc se préparer à acheter le marché.

Le graphique ci-dessous indique une situation où la réintégration dans la zone de neutralité depuis la zone de survente a permis de constater l’essouflement de la tendance baissière. La première flèche jaune indique que le stochastique entre en zone de survente. La seconde flèche jaune indique que le stochastique revient en zone de neutralité. En effet, suite à cela, on remarque que le prix n’arrive plus à faire de nouveau plus bas.

Le stochastique nous indique l’essouflement de la tendance baissière
Croisements entres les lignes %K et %D

La deuxième façon d’utiliser le stochastique est le croisement entre les lignes %K et %D. Quand %K croise à la hausse sa moyenne mobile ou la ligne des 50%, on obtient un signal d’achat. Quand %K croise à la baisse sa moyenne mobile ou la ligne des 50%, on obtient un signal de vente. Les lignes verticales jaunes du graphique ci-dessous fournissent plusieurs signaux successifs d’achat et de vente.

Le croisement des lignes du stochastique permet de mettre en évidence des éventuels points d’achat et de vente
Les divergences sur le stochastique

Les divergences sur un oscillateur borné sont peu intéressantes et exploitatables puisque l’indicateur technique est justement borné, ce qui crée énormément de divergences lors de tendances prononcées par exemple. De plus, les divergences indiqueront des mouvements bien plus courts et donc moints intéressants que d’autres indicateurs comme le MACD.

Une divergence sur un stochastique signifie uniquement que le prix de clôture du range actuel est plus bas ou plus haut rapport aux niveaux extrêmes du range. Par contre, de bonnes indications sont données si on suit une approche sur plusieurs unités de temps.

Par exemple, l’idée est d’étudier la tendance sur une UT supérieure et de trader les mouvements sur l’UT inférieure. En effet, si vous avez bien compris les cours précédents, un swing journalier ou impulsion journalière est en fait une tendance en H4. Une tendance journalière n’est en fait qu’un swing en hebdo.

En appliquant cela, il suffira lorsque, par exemple l’hebdomadaire est en tendance haussière, de rechercher des signaux acheteurs en H4.

Lorsque la tendance hebdomadaire sera baissière, il faudra alors chercher des opportunités baissières en H4, …

Encore une fois, ne pensez pas que ces indicateurs sont magiques ! Ils ne montrent que ce que le graphique nous montre déjà . A chaque fois que le prix entrera dans sa zone de survente ou surachat, on pourra simplement dire que le prix est entré en correction selon la période de calcul utilisée. Ce n’est rien de plus qu’une déformation visuelle de ce que l’on voit déjà.

1.c. Le Relative Strength Index (RSI)

Définition de l’indicateur

Le RSI est un indicateur très utilisé par les traders. Il a été développé en 1978 par l’américain J. Welles Wilder. Le RSI permet de représenter le rapport de force entre la moyenne des hausses et la moyenne des baisses sur une période donnée et d’indiquer la puissance d’un mouvement (impulsion ou essouflement).

La moyenne des hausses est obtenu grâce à une moyenne mobile exponentielle des hausses sur n périodes. La moyenne des baisses est obtenu grâce à la valeur absolue de la moyenne mobile exponentielle des baisses sur n périodes. A titre d’exemple, supposons que l’on obtienne une moyenne baissière de 0,60 et une moyenne haussière de 0,78%, le RSI s’obtient alors avec le calcul suivant :

RSI = 100 – 100/(1 + (0,78 / 0,60) ) = 56,52.

Les principales indications données par le RSI sont données par les zones de surachat et de survente là encore. Le RSI est intéressant surtout avec un paramétrage logique. En effet, le RSI oppose les hausses aux baisses et donc les entrées/sorties du marché, ainsi une période de calcul qui suit l’activité humaine est préférable en intraday. Par exemple, une période de 16 pour le m30 (16 x 30min = 8h) est un paramètre intéressant.

Sur le graphique ci-dessous, vous avez une illustration des mouvements que peut prendre le RSI.

Graphique avec l’indicateur RSI

 Utilisation de l’indicateur

A la différence du stochastique, le RSI n’est pas cyclique. De plus, ses zones de survente et de surachat sont respectivement 30 et 70. Lorsque le RSI se trouve en zone de surachat, cela indique que les hausses sont supérieures aux baisses et donc que le marché est haussier. Lorsque le RSI est en zone de survente, cela indique que les baisses sont plus fortes que les hausses et donc que le marché est baissier. De plus, il permet d’identifier les zones où les acheteurs sont trop présents afin de penser à prendre des bénéfices, et les zones où les vendeurs sont nombreux et donc arrêter de vendre.

L’une des manières de trader avec le RSI est de vendre lorsqu’il est en zone de surachat et qu’il coupe la ligne des 70 à la baisse, ou bien d’acheter lorsqu’il se trouve dans la zone de survente et qu’il coupe la ligne des 30 à la hausse.

Enfin, les divergences peuvent aussi être étudiées sur le RSI mais avec le même problème qu’avec le stochastique. Toutefois, il est plus intéressant et pertinent de regarder les divergences sur le RSI plutôt que sur le stochastique. A noter, il faut éviter d’utiliser les divergences se trouvant exclusivement dans la zone médiane du RSI. Le graphique suivant illustre un exemple de divergence haussière du RSI sur la paire USDJPY.

Divergence haussière donnée par le RSI.

1.d. Le Commodity Channel Index (CCI)

Le CCI est un indicateur développé par Donald Lambert en 1980. Il était à l’origine conçu uniquement pour les matières premières mais du fait de sa popularité, il est aujourd’hui utilisé par les traders dans tous les types de marchés.

Cette oscillateur possède, comme le stochastique et le RSI, différentes zones. Une zone de survente en-dessous des -100, une zone de surachat au-dessus des 100, et une zone de neutralité entre -100 et 100.  Pour entrer en position, nous utiliserons les mêmes conditions que précemment citées pour le RSI. Idem pour les divergences qui se trouveront dans les zones de surachat et de survente. Le calcul de cet indicateur est assez complexe et ne servira pas pour notre prise de position, nous ne le détaillerons donc pas ici. Ci-dessous un exemple d’oscillations de l’indicateur technique CCI.

Graphique avec le Commodity Channel Index (CCI)

N’oubliez pas que les indicateurs peuvent être d’une grande aide dans la lecture des graphiques et la détermination des zones extrêmes mais ils doivent avant tout être une aide au trader et non des outils de décision ! Dans le prochain cours, nous détaillerons l’approche statistique nous avons chez DMTrading.